Exemples

 

La greffe de mains

Le Pr. Jean-Michel Dubernard de l’hôpital Edouard-Herriot de Lyon a dirigé la première allogreffe de main en 1998 et la première allogreffe des deux mains en 2000.

Un an plus tard, le patient doit toujours suivre un traitement immunosuppresseur lourd en plus de sa rééducation. Il retrouve peu à peu une motricité et une sensibilité toute relative, qui ne lui permet pas encore de distinguer des objets par le toucher. Mais alors que l’opération avait été couronnée de succès, le greffé décidait en 2002 de se faire amputer de sa nouvelle main…

Il ne faut pas oublier que ce genre de greffe demande un lourd traitement anti-rejet qui a des effets secondaires importants tels que le risque de cancer de la peau.

La transplantation d’une ou des mains correspond à une greffe multi tissulaire car elle met en jeu plusieurs tissus à savoir les os, la moelle, la peau, les tendons, les muscles… Ce genre de greffe est spectaculaire et donc difficile car c’est en fait plusieurs greffes de tissus différents.

Apres des avancées chirurgicales un chirurgien espagnol a réalisé une opération hors du commun le 29 avril dernier. Il a greffé à un patient amputé de la main gauche sa propre main droite, a indiqué lundi la fondation de ce médecin, spécialisée dans les greffes.

L'opération a duré 13 heures. Cette autogreffe a permis de réduire le risque de rejet sur cet Espagnol amputé de la main gauche et paralysé du bras droit.

Il a fallu "changer toute la structure de la main" et déplacer le pouce. Plus d'un mois après l'opération, le patient "est heureux, il peut déjà bouger la main".

L’équipe chirurgicale a également déplacé le pouce du patient, pour des raisons pratiques et pour éviter un effet esthétique négatif.

 

                            

                       Interview à France Info après la greffe de main en 1998

 

 

La greffe de visage

Nous avons tous entendu parler de la jeune femme Isabelle Dinoire de 39 ans qui s’est fait défigurée par le labrador de sa fille alors qu’elle faisait un coma. C’est en 2005 que la greffe a eu lieu par les professeurs Jean-Michel Dubernard du CHU de Lyon. C’est le 27 novembre que la greffe a eue lieu. La patiente a reçu une greffe partielle de visage. C’est une greffe spectaculaire par la complexité de l’opération. en effet il a fallut retirer le visage, mais aussi les muscles du visage et la graisse sous la peau sur le receveur et sur le donneur. Les muscles faciaux sont propres a chacun et donc implique ne restructure selon la forme du visage du receveur. L’intervention a duré 15 heures. Ils ont préparé le greffon en disséquant tout les plans constitués par les muscles, les nerfs…

Il a fallut ensuite faire la connexion sanguine entre le greffon et la patiente, sous microscope. Le greffon prend donc et a un aspect normal. La mise en place des muscles restructurés sont placés sur la patiente ainsi que les nerfs. L’étanchéité de la cavité buccale et de la cavité nasale a été réalisée.

Un traitement anti-rejet comparable à celui de l’allogreffe a été mis en place, ainsi qu’une rééducation par des kinésithérapeutes spécialisés et des orthophonistes. Un soutien psychologique a été aussi mis en place à très long terme. Malgré le succès de la greffe, les risques de rejet sont grands et nécessite prendre un traitement à vie.

 

 

                                                                                                   

 

                                                           Isabelle Dinoire mordue par son chien avant/après l'opération

                                                                               

 

                                                       Zone de greffe du visage de la jeune femme

La maladie de Von Recklinghausen

 

Les 21 et 22 janvier 2007, l'équipe du professeur Laurent Lantiéri, du CHU Henri-Mondor de Créteil a réalisé la deuxième transplantation de la face, au cours d'une opération qui aura duré 15 heures. Le patient, âgé de 27 ans, souffrait d'une forme très grave de la maladie de Von Recklinghausen.

La maladie de Recklinghausen ou neurofibromatose de type 1 est une maladie très rare. Elle touche 1 personne sur 3500. Sur 90% des cas, cette maladie est due à une anomalie du chromosome 17. Cette anomalie entraîne un phénotype clinique correspondant à un grand nombre de tumeurs sur tout le corps et " des tâches café au lait ". dans le cas du patient greffé c’etait une forme très grave de cette maladie qui correspond à une déformation très importante du visage.

La majorité des tumeurs sont bénignes (neurofibromes).Les complications tumorales malignes sont rares mais font la gravité de la NF1.

Il intervient un gène appelé NF1 ( Neurofibrome ), il code des ARN messagers dont l'expression se retrouve dans tout les types de cellules mais dont les niveaux d'expression varient considérablement en fonction des tissus.

Le gène NF1 code une protéine appelée la neurofibromine. Cette protéine possède 2818 acides aminés

Le gène NF1 est un gène suppresseur de tumeur. Les mutations affectant ce type de gène sont récessives sur le plan cellulaire. L'inactivation fonctionnelle des deux

allèles du gène est nécessaire pour entraîner un arrêt de la multiplication des tumeurs. Les individus

possédant une mutation germinale du gène NF1 ont une prédisposition au développement de tumeurs puisqu'ils ont hérité d'un allèle muté dans chacune de leurs cellules.

Sur le plan psychologique un suivi est fréquemment fait, puisque cette maladie chronique qui présente des manifestations parfois difficiles à accepter car elles sont la plupart du temps inesthétiques et plus rarement invalidantes.

Le jeune homme a donc bénéficié d’une greffe de visage. Ce qui lui a permis une réinsertion dans la société, un emploi à plein temps et chose encore plus banale, cela lui a permit de boire sans paille ou même d’avoir une conversation normale sans difficulté de compréhension.

 

                                                                                

                                                      Tâches "Café au lait"                                                

 

 

 

Déformation dûe à la neurofibromatose
 

Et si nous parlions de l’aspect éthique qui concerne ce type de greffes ?

En effet le comité d’éthique accepte difficilement la greffe partielle car les greffes de visages sont effectués à l’aide d’un visage de défunt. Donner un visage entier n’es pas comme donner un rein ou une main. Le visage est la marque d’identité, la partie la plus visible du corps, pour une personne qui subit ce type de greffe doit accepter de changer d’identité.

L’avis du comité est donc négatif concernant la greffe totale du visage mais ne reste pas défavorable à des greffes partielles de visage reconstituant le triangle bouche-nez.

Elle est qualifiée de greffe reconstructrice et esthétique.

Le changement d’identité peut vraisemblablement être mal pris par le patient et donc ne pas accepter ou même sa famille le visage qui lui a été transplanté.

Les activités de prélèvement et de greffe d’organes, de tissus et de cellules d’origine humaine sont encadrées en France par la loi n° 94-654 du 29 juillet 1994 concernant le don.

Le prélèvement de certains organes (rein, moelle osseuse…) est autorisé sur un donneur vivant. Lorsque le donneur est décédé, la mort encéphalique doit avoir été constatée.

La loi énonce quatre principes éthiques :

-le consentement

-la gratuité du don

-l’anonymat donneur/receveur

-l’interdiction de publicité en faveur d’une personne ou d’un organisme déterminé


Si le médecin n’a pas directement connaissance de la volonté du défunt (pas d’inscription au Registre national des refus), il doit "s’efforcer de recueillir le témoignage de la famille". Lorsque le défunt est mineur, l’autorisation des deux titulaires de l’autorité parentale est requise.

La loi interdit également toute rémunération du don d’organes et de tissus : le receveur reçoit l’organe gratuitement, le praticien préleveur ne perçoit aucune rémunération pour cet acte.

Les greffes effectuées tout les ans ne sont donc pas toute vitales en effet, certains patient ont recours aux greffes de peaux… car le souci est majoritairement esthétique et que l’on ne peut plus vivre avec le poids du regard porté par les autres par sa différence physique.

On peut dire que c’est l’une des plus grandes , l’une des plus spectaculaires réussites dans la lutte que l’Homme mène contre la mort. Cependant si on se réfère aux chiffres il y a un manque effroyable de don. C’est même devenu un enjeu de solidarité nationale. Même si le nombre de dons d’organes augmentent il n’y a pas assez d’organes pour le nombre de demandeurs. C’est une course permanente, les listes d’attentes sont énormes et le délais d’attente se compte en mois…

 

 

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