Le mécanisme du rejet

 

Pour qu’une transplantation réussisse, il faut deux conditions. Greffer un corps dont les caractéristiques tissulaires soient les plus possibles de celles du receveur (c’est la compatibilité tissulaire) et ensuite maitriser le phénomène inéluctable du rejet.



Quel est le mécanisme du rejet ?


Celui-ci comporte quatre phases:


 

La reconnaissance


C’est la découverte des antigènes d’histocompatibilité qui permit d’expliquer le mécanisme du rejet. Ces antigène appelés « HLA » (Human Leucocytes Antigens), sont spécifiques a chaque individu et sont d’une telle complexité qu’il est impossible de retrouvé les même chez deux humains (non jumeaux). Leurs plans de construction se trouvent sur le chromosome 6 du génotype humain (nous ne palerons ici que du cas de l’Homme). Ce plan est appelé complexe d’histocompatibilité (CMH) et est composé de quatre gènes : A, B, C et D qui se situe sur le brin court du chromosome 6. Du fait que deux chromosomes présentent les mêmes gènes le génotype du complexes HLA d’un individu est donc composé de 8 allèles (différentes version d’un gène) : deux A, deux B deux C deux D différents ou identiques soit par exemple [A1A25, B8B27, Cw1Cw2, Dw1Dw9]. Ces allèles sont tous exprimés dans l’organisme : ils sont Co-dominants. Ainsi il existe un nombre quasi infini de marqueur HLA différents étant donnés le nombre quasi infini de combinaisons de ces différents allèles. Ces allèles sont héréditaires étant comme tous les gènes d’un individu légué par les parents lors de la fécondation de l’ovule. Ainsi on ne peut retrouver des marqueurs identiques que chez les frères et sœurs (mais ce n’est pas obligatoire) et chez les vrais jumeaux. Ils sont donc bien des marqueurs qui nous caractérisent spécifiquement et sont ainsi la carte de visite de nos cellules.

).Le rôle de ses antigènes est de repérer chez l’individu tout ce qui lui est étranger. Ainsi toute transplantation entraine l’attaque du greffon, puis sa destruction par le système « HLA » du receveur.

Durant la phase de la reconnaissance les antigènes de l’organe greffé sont reconnus comme étrangers à l’organisme receveur par des macrophages (gros globules blancs doués du pouvoir de détruire des particules étrangères) et des lymphocytes (catégories de globules blancs qui possèdent des récepteurs spécifiques pour ces antigènes

 

 

L’activation


L’organisme contient à l’origine, c’est à dire à la naissance de l’individu, une quasi-infinité d’anticorps différents ainsi notre corps possède les armes pour combattre presque tous les types de maladies existant au monde. Il est donc possible au système immunitaire de cibler tous les corps étrangers présents dans l’organisme même si ces anticorps sont présents en très faible quantité. Cette grande diversité d’anticorps est appelé répertoire immunitaire.

Or la reconnaissance des antigènes étrangers dans l’organisme du receveur déclenche aussitôt une réaction qui fait intervenir de façon dominante des anticorps, ces anticorps sont portés par des cellules immunitaires appelés lymphocytes, ces cellules sont des cellules tueuses qui sont indispensables au bon déroulement de la réaction immunitaire. En effet ces cellules vont jouer le rôle de détecteur et de destructeur de tous corps indésirable qu’il soit aussi bien microbe que n’importe quelle cellule étrangère. On peut distinguer deux type de lymphocyte : les lymphocytes B et les lymphocytes T ou " tueurs " les seuls qui vont nous intéresser dans le cas présent.

 Lorsqu’ils sont mis en contact avec les antigènes de l’organe greffé, ces lymphocytes T s’activent et se différencient en deux sous-populations et vont agir pour rejeter le greffon.

 

La coopération

Les deux sous-populations sont des lymphocytes T4 et des lymphocytes T8 : les LT4 et les LT8.

Les LT4 sont les sentinelles et l’état major du Système Immunitaire. En effet ils sont spécialisés pour un seul type d’Antigène comme toutes les cellules du Système Immunitaire. Une fois cet Antigène spécifique détecté dans l’organisme, ils vont envoyer des messages au LT8 spécialisés pour cet Antigène afin qu’ils détruisent les cellules à l’intérieur de l’organisme présentant cet Antigène sur leur surface membranaire. Ces messages sont des messages chimiques. En effet le LT4 libèrent des interleukines qui sont des molécules qui vont être détectées par le type de LT8 voulu.

 

 

La destruction

Les LT8 sont les soldats du Système Immunitaire. Une fois l’ordre du LT4 détecté ils vont se multiplier (multiplication clonale) et se différencier en LTc (cytotoxique). Les LTc vont ainsi induire les cellules étrangères ne possédant pas le bon complexe HLA à entrer dans un programme de mort cellulaire : un suicide appelé apoptose. Ils peuvent aussi entraîner la lyse de la cellule. En effet après s’être lié à la cellule considérée grâce à la complémentarité de son récepteur T et du marqueur de la cellule présentant une molécule du CMH qui ne correspond pas à l’organisme donné il va libérer de molécules appelées perforines qui entraîne la création de canaux membranaires sur la cellule cible. Ces canaux vont entraîner des flux ioniques et hydriques entre les cellules et son environnement direct, c’est la lyse. La cellule perd son intégrité et finit par éclater.

Selon le receveur et la nature des tissus détectés comme étant étranger la réaction immunitaire et plus ou moins intense. Mais elle finit par la destruction entière du greffon car cette réaction en chaîne est un cercle vicieux. En effet quand les LT4 et les LT8 détectent une première cellule étrangère ils se multiplient et la détruisent. Mais plus il y a de LT plus les cellules du greffon sont détecté et plus il y a production de LT donc plus la destruction se fait rapidement et ainsi de suite jusqu’à disparition de cellule de greffon.

 

SCHEMA BILAN

 

 

 

 

 

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site