Les traitements

 

Les traitements

 

 

a) Le choix du donneur permet éviter un éventuel rejet de greffe

 

 

L’organe ne peut être prélevé sur un donneur vivant que dans le cas d’organes doubles tels que le rein : l’ablation d’un des deux reins à un sujet sain n’entraîne en effet aucune conséquence sur sa santé. L’intervention comporte néanmoins un risque, faible, mais non nul, comme par exemple risque post-opératoire immédiat et le risque d’accident ultérieur sur un rein restant désormais unique. Donc même dans le cas du rein, le prélèvement de l’organe sur un cadavre semble préférable au prélèvement sur un donneur vivant volontaire. Dans le cas des autres organes, est possible uniquement le prélèvement sur un homme décédé d’une affection laissant l’organe indemne et, de plus, ne comportant aucun risque de transmission d’une maladie au receveur.

C’est pourquoi, le donneur doit répondre à certaines exigences de compatibilité. Le groupe sanguin du donneur et du receveur doivent s’accorder (dans les mêmes conditions qu’une transfusion sanguine). On tente ainsi de prévoir la compatibilité du donneur et du receveur, c’est à dire le degré d’acceptation de la greffe par le receveur, grâce à diverses techniques.

Les techniques de nos jours se basent avant tout sur une analyse fine des facteurs responsables de la compatibilité entre les divers individus d’une même espèce (facteurs découlant de l’hérédité, comme par exemple du bagage génétique d’un individu).

Le rejet d’une greffe, quelque en soit sa mesure, peut être suivi et soigné de nos jours grâce aux nouvelles techniques comme par exemple les techniques chirurgicales, qui diffèrent d’un organe à l’autre, le choix du donneur, la conservation de l’organe entre son prélèvement et la greffe et enfin le traitement et la surveillance du receveur. Ces précautions et ces traitements ont été mis au point par les premiers techniciens, qui transplantaient à l’époque des reins.

Nous allons appuyer notre étude sur le traitement et la surveillance du receveur avant tout.

 

b) immunosuppresseurs

 

Ce sont des produits (corticoïdes, ciclosporine ou le FK506, Imurel et Endoxan notamment) qui vont diminuer l'activité des lymphocytes mais pas nécessairement leur nombre. Aucun immunosuppresseur n'a d'activité spécifique sur un type de lymphocyte : on ne connaît ainsi pas d'immunosuppresseurs qui n'agiraient que contre les lymphocytes à l'origine des rejets de greffe, sans action sur ceux contre les virus.

L’inconvénient du traitement immunosuppresseur est que le système de défense ne peut plus lutter aussi bien qu’avant contre des pathogènes tels que les bactéries et les virus. Les cellules anormales pouvant devenir des tumeurs ne sont plus aussi bien reconnues et éliminées. Un traitement immunosuppresseur doit donc être administré par un spécialiste, pour que, d’une part, l’organe, le tissu ou les cellules soient suffisamment protégés, et de l’autre, le risque d’infection et de tumeur reste le plus faible possible.

Les molécules utilisées

 

  • Les plus anciennement connus sont les corticoïdes
  • L' Imurel : molécule assez vieille, se prenant exclusivement par voie orale. Associé aux corticoïdes, il a permis les premières greffes rénales, mais était insuffisant pour la réussite des transplantations cardiaques ou hépatiques
  • L' Endoxan : Immunosuppresseur très puissant, oral ou intra-veineux, qui est aussi une chimiothérapie. Surtout utilisé dans les allogreffes de moelle.
  • La ciclosporine : oral ou intraveineux : A permis la réalisation des greffes cardiaques et hépatiques, et a amélioré les résultats des greffes rénales. A un petit cousin un peu plus récent, le FK506 (Tacrolimus), d'activité comparable.

Les effets secondaires

 

En reprenant le premier paragraphe, on comprend vite que le principal effet secondaire de ces traitements est... l'immunodépression, avec son corollaire, la diminution des défenses de l'organisme contre des virus ou des bactéries habituellement bénignes comme le CMV, la varicelle et zona ou la tuberculose. S'il existe depuis 10 ans des traitements contre ces infections, notamment le CMV, elles restent toutes potentiellement mortelles dans le cas des immunodépressions. On peut aussi ajouter l'hépatite C et B qui seront plus souvent chroniques. S'y ajoutent enfin une augmentation des risques de cancers (on pense qu'il s'agit d'une diminution des capacités d'élimination des cellules cancéreuses par l'organisme).

Il ne faut pas oublier les effets secondaires propres à chacun des traitements :

L'imurel a une toxicité hépatique possible, peut diminuer le nombre de plaquettes, et augmente à long terme les risques de cancers cutanés (d'où le sage conseil de consulter régulièrement un dermatologue en cas de prise prolongée pour détecter à temps des anomalies de peau)

L'Endoxan est aussi une chimiothérapie, donc elle est toxique pour la moelle osseuse, mais aussi provoque des pertes de cheveux (réversibles en général après l'arrêt), et des stérilités +/- définitives selon les doses utilisées.

La ciclosporine a deux toxicité propres : l'augmentation de la pression artérielle et une toxicité rénale; d'où l'intérêt de contrôles fréquents du taux sanguin de ciclosporine. On peut y ajouter aussi, mais moins fréquents, une augmentation de la pilosité, une impuissance....

 

On peut donc conclure que les immunosuppresseurs ont permis de sauver de nombreux patients atteints de graves maladies, potentiellement mortelles, cas où les effets secondaires possibles sont acceptables vu l'enjeu. Ces traitements dangereux ne doivent  être utilisés que lorsqu'il existe effectivement un risque vital.

 

 

 

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